Guide réforme 2026

Facture électronique obligatoire : ce qui change le 1er septembre 2026

Dernière mise à jour : 21 juillet 2026

Dans quelques semaines, la facturation entre entreprises françaises change de nature : fini le PDF envoyé par email, place aux factures structurées échangées via des plateformes agréées. Ce guide explique qui est concerné, à quelles dates, avec quels formats, et comment s'y préparer sans en faire un chantier.

L'essentiel en 30 secondes

  • Au 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France doivent pouvoir recevoir des factures électroniques.
  • À la même date, les grandes entreprises et les ETI doivent les émettre sous forme électronique.
  • Les TPE, PME et micro-entreprises ont jusqu'au 1er septembre 2027 pour l'émission.
  • Les échanges passent par des plateformes agréées (PA) : l'État ne fournit plus de portail d'échange gratuit.
  • Trois formats font foi : Factur-X, UBL et CII. Le PDF simple ne suffit plus.
  • Les ventes aux particuliers et à l'international ne passent pas par ce circuit, mais font l'objet d'un e-reporting de données à l'administration.

Le calendrier officiel

Le calendrier est fixé par la loi de finances pour 2024 (article 91). Il a déjà été repoussé une fois (l'échéance initiale était juillet 2024) : le texte actuel prévoit une marge de report par décret de trois mois au plus, mais rien n'indique qu'elle sera utilisée. Le plus prudent est de se préparer pour les dates votées.

Date Obligation Qui est concerné
1er septembre 2026 Recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée Toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France, quelle que soit leur taille
1er septembre 2026 Émettre ses factures B2B au format électronique + e-reporting Grandes entreprises et entreprises de taille intermédiaire (ETI)
1er septembre 2027 Émettre ses factures B2B au format électronique + e-reporting PME, TPE et micro-entreprises

Le point qui surprend le plus les dirigeants de TPE : même si votre obligation d'émission n'arrive qu'en 2027, vous êtes concerné dès septembre 2026. Vos fournisseurs grands comptes et ETI vous enverront leurs factures par le nouveau circuit, et il faudra une plateforme agréée pour les recevoir.

Qui est concerné, et pour quels flux

L'obligation de facturation électronique (le « e-invoicing ») couvre les ventes et prestations entre entreprises assujetties à la TVA établies en France : le B2B domestique. Deux autres familles de flux ne passent pas par les factures structurées, mais par le e-reporting, une transmission périodique de données de transactions à l'administration fiscale :

  • les ventes aux particuliers (B2C), par exemple les tickets de caisse d'un restaurant ou d'un commerce ;
  • les opérations avec des clients ou fournisseurs étrangers (intracommunautaire et export).

Une entreprise type HCR ou commerce de proximité cumule donc souvent les deux : e-invoicing pour ses clients professionnels et ses fournisseurs, e-reporting pour sa caisse. Les données de paiement des prestations de services font aussi l'objet d'une transmission, car elles déterminent l'exigibilité de la TVA.

Les plateformes agréées, nouveau passage obligé

Le schéma initial de la réforme prévoyait un portail public de facturation gratuit par lequel toute entreprise pouvait échanger ses factures. Fin 2024, l'État a recentré ce portail : il ne sert plus qu'à tenir l'annuaire central des entreprises et à concentrer les données à destination de la DGFiP. L'échange lui-même passe obligatoirement par des plateformes agréées (PA, anciennement « plateformes de dématérialisation partenaires »), des opérateurs privés immatriculés par l'administration.

Concrètement, votre plateforme agréée :

  • transmet vos factures à la plateforme de vos clients, via l'annuaire central ;
  • reçoit les factures de vos fournisseurs et vous les met à disposition ;
  • gère le cycle de vie de chaque facture (déposée, rejetée, refusée, encaissée), visible par les deux parties ;
  • extrait et transmet à l'administration les données de facturation et de e-reporting.

Le choix de la PA est fait par l'entreprise, souvent via son logiciel de gestion ou son expert-comptable. Le bon réflexe : vérifier que votre logiciel de facturation intègre ce raccordement, plutôt que d'ajouter un abonnement et une ressaisie de plus.

Les formats : Factur-X, UBL, CII

Une facture électronique au sens de la réforme n'est pas un PDF : c'est un fichier structuré, lisible par les machines, dans l'un des trois formats du socle :

  • Factur-X : format hybride franco-allemand, un PDF lisible qui embarque un XML structuré. Le plus adapté aux TPE et PME, car la facture reste consultable normalement.
  • UBL : XML structuré, standard international très répandu.
  • CII : XML structuré, norme UN/CEFACT utilisée notamment dans les échanges avec l'administration.

La réforme ajoute aussi de nouvelles mentions obligatoires sur les factures : le numéro SIREN du client, l'adresse de livraison si elle diffère de l'adresse de facturation, la catégorie de l'opération (livraison de biens, prestation de services, ou mixte) et, le cas échéant, l'option pour le paiement de la TVA d'après les débits.

Les sanctions prévues

Le non-respect de l'obligation de facturation électronique est sanctionné par une amende de 15 € par facture, plafonnée à 15 000 € par année civile. Le défaut de e-reporting est sanctionné par une amende de 250 € par transmission, avec le même plafond annuel. Une tolérance est prévue pour la première infraction commise de bonne foi.

Le vrai risque n'est pourtant pas l'amende : c'est l'opérationnel. Une entreprise incapable d'émettre des factures conformes verra ses clients professionnels les refuser, et ses encaissements attendre.

Se préparer dès maintenant : la checklist TPE / PME

  • Vérifiez vos données de base. SIREN et adresses de vos clients professionnels à jour : c'est la clé d'entrée de l'annuaire central.
  • Interrogez votre logiciel de facturation. Sait-il produire du Factur-X ? Prévoit-il le raccordement à une plateforme agréée, et à quel prix ?
  • Parlez-en à votre expert-comptable. Beaucoup de cabinets orchestrent le choix de la PA pour leurs clients.
  • Cartographiez vos flux. Part de B2B domestique, de B2C, d'international : cela détermine ce qui relève du e-invoicing et du e-reporting.
  • N'attendez pas 2027. La réception est obligatoire dès septembre 2026, et basculer l'émission en avance évite de gérer deux systèmes en parallèle.

Comment PrivateCore gère la réforme

PrivateCore intègre la facturation électronique nativement, sans module additionnel ni abonnement séparé :

  • Les factures sont générées au format Factur-X, multi-taux de TVA, directement depuis le module devis et facturation.
  • Le circuit B2G (État, collectivités, hôpitaux) passe par l'intégration Chorus Pro : dépôt et suivi des factures de la sphère publique.
  • Le raccordement à une plateforme agréée est piloté par l'éditeur et livré par mise à jour logicielle : pas de chantier de votre côté.
  • La comptabilité intégrée absorbe les factures reçues, sans ressaisie, et le tout reste sur votre serveur, chez vous.

Le détail de la conformité Factur-X est sur la page Factur-X et la réforme 2026. Et si vous voulez voir le circuit complet sur vos propres cas, réservez une démo en visio.

Questions fréquentes

La facture PDF envoyée par email est-elle encore valable après le 1er septembre 2026 ?

Entre entreprises françaises assujetties à la TVA, non : à partir du 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques structurées via une plateforme agréée, et les grandes entreprises comme les ETI doivent les émettre sous cette forme. Le simple PDF envoyé par email ne constitue pas une facture électronique au sens de la réforme. Les TPE et PME ont jusqu'au 1er septembre 2027 pour l'émission.

Faut-il choisir une plateforme agréée même si on ne fait que recevoir des factures ?

Oui. Depuis le recentrage du portail public de facturation fin 2024, l'État ne propose plus de service gratuit d'échange de factures : la réception comme l'émission passent par une plateforme agréée (PA) choisie par l'entreprise. Dès le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie doit donc être raccordée à une plateforme agréée, au minimum pour recevoir.

Quelle différence entre Chorus Pro et la réforme 2026 ?

Chorus Pro est le portail de facturation du secteur public : il est obligatoire depuis 2020 pour facturer l'État, les collectivités et les établissements publics (B2G). La réforme 2026 étend une logique comparable aux échanges entre entreprises privées (B2B domestique), mais via des plateformes agréées privées. Une entreprise qui facture à la fois le public et le privé utilisera donc les deux circuits.

Qu'est-ce que le format Factur-X ?

Factur-X est un format franco-allemand de facture hybride : un PDF lisible par un humain qui embarque un fichier XML structuré lisible par les machines. C'est l'un des trois formats du socle de la réforme, avec UBL et CII, et le plus adapté aux TPE et PME car la facture reste consultable comme un PDF classique tout en étant conforme.

Que risque une entreprise qui ne fait rien ?

Le texte prévoit une amende de 15 euros par facture non conforme à l'obligation de facturation électronique, plafonnée à 15 000 euros par année civile, et de 250 euros par transmission manquante au titre du e-reporting, avec le même plafond. Au-delà de l'amende, le risque opérationnel est plus concret : ne plus pouvoir adresser de factures conformes à ses clients professionnels, donc voir ses paiements bloqués.

Guide rédigé à partir des textes publics (loi de finances pour 2024, article 91, et communications de la DGFiP et de l'AIFE), constatés au 21 juillet 2026. Ce contenu est une vulgarisation, pas un conseil fiscal : pour votre situation particulière, rapprochez-vous de votre expert-comptable.

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